La fin d’une histoire peut être décevante, si insignifiante qu’on la qualifie de non-évènement même. Rien de plus qu’un sachet en bioplastique compostable rempli d’un tee shirt fraîchement lavé, une culotte blanche en coton – propre elle aussi – une photo prise à l’étranger et un mobile fait de bois, de laine et de petites clochettes dorées. Le sachet est tout doux sous la pulpe de l’index. On ouvre la porte, en tournant la clef dans la serrure car personne n’est sorti de la maison aujourd’hui, on jette un oeil anxieux au monde extérieur – il y a trop de soleil, il fait trop chaud, c’est presque désagréable – et lorsqu’on baisse le regard, on le voit, ce petit sachet légèrement vert, fait pour y jeter les épluchures et le pain rassis. Mais à la place, on y a jeté mes affaires, on a composté une partie de mon histoire. Après tout peut-être que ça fera un bon engrais. Je l’ai pris entre mes doigts, ce petit sachet, tout craintif, comme s’il s’excusait d’être là, de déranger, de remuer la boue qui était finalement retombée, lentement. Comme un café turc, attendre que le marc de café se dépose au fond de la tasse avant de la porter à ses lèvres. Alors j’ai reposé le sac et j’ai attendu que les émotions en tapissent le fond, puis tout doucement je l’ai vidé, en prenant soin de ne renverser aucune d’entre elles sur le parquet de ma chambre. Je venais tout juste de passer l’aspirateur.

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