Il y a trois ans,

je peignais les murs, tu servais du whisky

C’était un soir de février,

la lune avait l’âge d’une grosse semaine

soit 8,04 jours

La honte a placé des coquelicots sur mes joues

et des épines de rose dans mon coeur

Tu m’as dit que tu m’aimais

Une exagération

tout comme on dit qu’on aime la

raclette

Ils vont et viennent ces mots

ils ne sont pas

éternels

Tu m’as dit que tu m’aimais mais ça ne compte pas

car j’ai fermé les yeux pour ne pas te croire

Sweet twat

Driving me insane until I don’t remember even my own name,

Until the gods cry a river on our heads

Until I’m drowning in your filthy flower pattern bed

While there is no sad chicken on the wooden table,

only the pickles on the pizza

and the hand in the pocket

and the odd man playing golf in the snow with an orange ball

that you can’t see

as you can’t see the way I’m looking at you

It’s easier to believe that nothing matters

because everything does

from licking the salt lamp to riding on your back

it’s not trust it’s foolishness

You would turn a fruit absolutely nut

despite the shape of your smile

and the sharpness of your eyes

despite the goosebumps on my forearms

and the kiss on my nose

despite the poems you recite

the spoonbait, the gangbang and the catkin

And the dogs, they make you happy the dogs

Until they bite my ankle like you did

not with your teeth but,

with your tongue

with the words coming off your mouth

Misleading me as you would do with a child

like the five one you killed for me to be trapped

Until I break the spell you’ve cast on me

Lettre à x (en anglais)

He was looking around, puzzled, as if asking to himself why on Earth he was in her bedroom. I mean, fair enough, that was a good question, she wasn’t sure neither. None of them had the answer so they pretended it was absolutely normal and she opened the curtains to show him the bomb shelter at the back end of the garden. The snow was covering it, like a dusty white powder, like cocaine. Slightly less exhilarating though. Later on, he told her that he was feeling empty, that nothing would fill the space inside him, not even listening to Molchat Doma, not even eating a garlicky urad dhal or the anchovies from a pizza, not even sitting on a bench in the sunny park, not even her. Firstly she was offended, because of course she was already planning to fly to Moscow and Sligo, to read the books at his mums, to teach him some verlan over a croissant filled with cheddar and raspberry jam and to hear again his voice through her phone when he was drunk in the bathroom. But suddenly he was another stranger in the world, someone she would probably struggle to recognise in a crowded pub, or like a ghost we prefer to avoid.

L’arbre qui faisait de l’ombre

Tu as peur de l’ombre que projette l’arbre dans ton coeur. Celui qui cache la lumière du soleil quand tu es assise sur le perron. Pourtant c’est toi qui l’a planté, cet arbre, qui a creusé la terre meuble en retournant l’herbe à coups de bêche. À l’époque c’était un tout petit arbuste, avec lequel tu jouais, en tordant ses branches. Tu le regardais de haut, penchée sur son corps frêle, jusqu’à ce qu’il pousse, jusqu’à ce qu’il grandisse, plus grand que toi, plus haut que ton crâne. Cet arbre dans lequel tu menaces de disparaître quand tu es fatiguée, que tu as peur ou que tu pleures. Cet arbre que tu emportes dans ton sac à dos à Bristol ou sur les côtes méditerranéennes. Cet arbre qui semble mort l’hiver, sec et rêche mais qui ressuscite à chaque printemps, comme si son âme le quittait mais revenait toujours. Tu as peur de te perdre, de perdre la face ou qu’il n’y ait pas de pile de l’autre côté de la pièce, que l’ombre de l’arbre t’engloutisse dans un calin d’obscurité, pourtant tu t’assieds toujours sur le perron, près de ton arbre, car un jour tu sais que vous deviendrez amis, et tu n’auras plus peur de son ombre.

Tu te souviens quand on avait encore des magnétoscopes et qu’on pouvait enregistrer des films sur des cassettes VHS réutilisables? Et que parfois ça foirait, souvent d’ailleurs. L’enregistrement ne se lançait pas et le lendemain il n’y avait rien que du noir, du bruit, pas d’image ni de son, pas de souvenirs en fait. Le film s’était bien déroulé mais il n’était gravé nulle part. Impossible de le rejouer, de revenir en arrière, de l’analyser ou de vérifier ce qu’on avait vu ou entendu. Ben tu sais, ta mémoire c’est pareil, parfois l’enregistrement foire. Surtout après un gamay, un pinot noir, un chardonnay et une pale ale. Ça fait comme un trou noir qui avale toutes les images, toutes les sensations. Ça n’efface en rien l’événement, il est imprimé dans la chair et pas dans la tête, mais ca le rend moins réel tout de même, comme s’il n’avait pas de substance. Tu deviens un somnambule qui part en virée nocturne, tu peux marcher, parler, rire, faire l’amour, danser mais tu ne te souviens pas. Un trou de mémoire ils appellent ça. Un trou dans la mémoire, comme une cassette VHS vide d’images, ou un gruyère. Oui voilà, ta mémoire devient un gruyère, le reste est là, le reste est bon, mais il manque des bouts, comme s’ils n’avaient jamais existé, tu as oublié d’enregistrer le film de ta vie, tu as oublié de te souvenir. Mais après tout ce n’est pas bien important, ou si peu. Tu te souviens quand, ils disaient. Moi non plus.

Various statements (both true and false) about myself (to be pronounced MEself)

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Hot tough chick riding BMX in Glasgow

is looking for someone

to share taramasalata and vulnerability.

Sweet babe with a harelip and a broken pinkie

is seeking validation

from Irish losers with commitment issues.

Wee lassie with strong foreign accent

wearing tiger printed fleece

is ready to be emotionally detached, standoffish and sober.

Little forlorn fairy

wants to stop pretending

that eating a full bag of honey coated peanuts

is not to fill a gap,

and actually fill the gap.

Half savage half sensitive bird

is willing to talk about stand up comedy and Soviet literature

(Russian speaker is a must, comedian not so much).

Pomme, Flavien Berger – magie bleue

Rater sa vie, enfin je veux dire la manquer, qu’elle nous passe sous le nez quoi, les bébés seront bientôt adolescents, les amis démissionnent et deviennent potiers, ou déménagent à Taiwan. Les autres vont à l’hôpital, sortent de l’hôpital, prennent la voiture et payent des tests à £300 l’unité parce qu’ils peuvent se le permettre. Les uns font des raves en Bretagne – et ailleurs sûrement – et les autres critiquent ceux qui prennent un flat white à emporter sur Broadway Market un dimanche après-midi, mais habitent avec leur mec et leur lapin. Peuvent-ils vraiment comprendre la solitude des gens qui se lèvent et se couchent tous les jours de l’année avec pour seule compagnie des colocataires scorpions – croisés deux fois par semaine dans la cuisine avec un pot de pickles, du pain de seigle, du chaource, des doritos, un sachet de skittles et du cheddar extra mature dans les bras? Alors à la place de penser aux anti-vaxxers j’écoute Pomme, comme une pommade sur mes peines et je bois du jus d’orange de Sainsbury’s, celui sans pulpe, car j’aime bien boire sans devoir mâcher en même temps. Je lis du Kafka, comme un horrible rêve, celui où la fée clochette tombe de l’avion, avec des cartes postales pour des papis déjà partis, ou comme une épiphanie sous champis. Ah et n’oubliez pas, si vous recevez un message de la part de votre opérateur téléphonique, ne cliquez pas sur le lien, ne donnez pas les détails de votre carte bancaire, vos numéros de compte et le nom de jeune fille de votre mère, surtout si ce n’est même plus votre opérateur téléphonique.