Je m’isole,
Comme une île.

Entourée d’eau.
De mer,
De larmes.

D’eau douce
Et salée.

Le club

Le club était vide, pourtant on y jouait déjà de la musique. L’enseigne en néon s’étalait sur la façade ‘X’ – elle n’est pas encore prête à assumer ce nom trop littéral, alors elle préfère le garder sous silence pour l’instant. En entrant, elle vit une scène vide, du matériel de musique et une boule à facettes qui ne brillait pour personne. La solitude de cette pièce l’effraya mais elle savait qu’elle y retournerait, dans ce club qui lui était si honteusement familier.

 

Le bourreau

          Vous pensez sans doute que la souffrance du bourreau est méritée, qu’il doit se sentir coupable, et même ne plus en dormir la nuit. Vous espérez qu’il regrette, qu’il en pleure, qu’il supplie et qu’il en crève de  culpabilité. Derrière vos phrases bien polies, comme le verre par la mer, celui qui se transforme en doux galet, transpire vos souhaits de le voir puni. Pas par vous, non, vous valez mieux que ça, mais par le reste du monde. Et le bourreau se couche le soir, avec des images qui tournent vite, trop vite, comme une voiture de course, celles de son cauchemar, celui qu’elle faisait souvent quand elle était petite.

C’était les plantes, la fumée des plantes qui nous faisait rire. Nous riions tellement que nous nous roulions par terre, dans l’herbe fraiche de la nuit, les tournesols et les massifs. Tellement, qu’il fallait nous empêcher de rouler trop loin, de tomber dans le trou du garage. Tellement, que nous pleurions, finalement…