What I’ve learnt from a 3/10 rated week

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If the man is wearing crocs 

and running after the thief

Don’t throw a bottle of pricey wine 

or he won’t catch him

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If your nan died 

and there is mist in your head

Lock your bike to the lamp post 

or they’ll take it

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If your ceiling is collapsing

because of the shower leaking

Don’t sit on the toilet

or you might be knocked out

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If the Greek gods get mad at you

shaking your world 

as much as a man can do 

with a printer not working

Just breathe, 

the week is gone

La perte de mon vélo, du plafond de ma salle de bain et de ma mamie en une semaine

On s’est demandé quel dieu grec j’avais bien pu fâcher, mais moi je sais que les anges ont chuchoté aux oreilles de ma mamie de prendre mon vélo avec elle, pour rouler jusqu’au grand cinéma Gaumont où elle n’avait pas pu se rendre lorsqu’elle avait 16 ans. Je sais que si j’avais eu encore mon vélo et ma mamie ce matin là, j’aurais été dans ma salle de bain dix minutes plus tard, quand le plafond s’est effondré – et pas à manger une banane dans la cuisine tout en partageant mes deuils avec Fifi ma coloc – et c’est moi qui serait partie avec mon vélo. Bon, j’exagère un peu, je m’en serais sans doute sortie avec une simple bosse et une histoire à raconter mais quand même personne ne veut être en train de faire pipi lorsque la maison s’écroule. Alors je dis, merci mamie.

Une trompe d’éléphant en apéritif près d’un champs Eviter les massifs de fleurs Ça m’écoeure cette viande grise affreuse et graisseuse à en faire une crise de foie de nerfs de foi comme à la guerre Pendu la tête en bas Pendu les pieds en l’air Ça va de soi

Aussi fermée qu’un sachet de Wotsits pas entamé, acheté à l’épicerie du coin avec le pourboire du mois d’octobre. Un pound bien placé tout droit sorti de mon porte-monnaie en faux cuir totalement élimé où se trouvent un bout de corail mort, un fossile et un laissez-passer du Centre Pompidou de 2014. Il y a même des timbres possiblement périmés et des tickets de vestiaires de boîtes de nuit – lesquelles? absolument dépassés. On est dans le brouillard, de l’eau jusqu’aux chevilles, à patauger dans la gadoue entre deux vaches et des chardons et on se demande Putain mais on est où là? On est dans le brouillard, à boire du vin cosmique, à s’enfiler du pain saumon fumé cheddar chutney qui fera une tache sur mon pantalon blanc, à fumer des kilomètres de cigarettes pour oublier les paupières qui tombent et la mâchoire qui se décroche, à écouter du hip-hop irlandais et Balavoine en regardant des maisons sur google street view, à s’imaginer quitter l’île sans avoir nulle part où débarquer. On est dans le brouillard car on a plus de toit sur la tête, mais on boit de la potion pour survivre à 2020, comme tout le monde. Ah oui et hors de question d’ouvrir ce satané paquet de Wotsits, vous êtes prévenus, car boys get sad too.

I called myself goofy and that ruined my week.

You know how sometimes a tiny event triggers you more than a pandemic. Because you’re meant to survive a pandemic as well as a virus is meant to survive through the living beings. Otherwise it disappears with the dead and it’s not his primary function. I was saying, a tiny event, like a bowl breaking in your hands with no apparent reason or when you can’t recognise if the wine is mousy or simply farmy. Even the Sunday margaritas are frozen and there is no garnish to keep company to the one ice cube only that you put in the glasses. You feel you’re swimming against the current, not aware that you’re the one who chose the wrong direction. As the water is flowing anyway you should be floating like a buoy, not trying to push away the waves. You feel you’re playing with your team but you end up being offside all the time and you can’t score or even if you do it doesn’t count. You’re not meant to survive a tiny event, because this is not a matter of Life and Death. You’re meant to step back from the unpleasant situation that you call your existence and change your perspective on it. Look at it upside down as a hanging woman and stop loathing everyone and everything around you. When your head is where your feet should be, you realise that nothing really matters, especially this song’s title or the anagram of discounted. You couldn’t care less about the first prize because you know there is nothing to win or lose on Earth. Whatever if you think we’re just a group of cells or if mercury retrograde does affect the tide and the course of our lives. But believe me it does, so don’t call yourself goofy, even if you struggle and grunt, someone might do it for you already.

La nuit elle rêve qu’il offre des glaces aux sans-abris, pour le petit-déjeuner. La nuit elle rêve qu’il lance des éclairs qui se transforment en feu d’artifice, dont les étincelles ricochent et lui brûlent les genoux. La nuit elle rêve qu’ils entrelacent leurs vingt doigts. La nuit elle rêve qu’elle retire le beurre du frigo. La nuit elle a le vertige. Le vertige ce n’est pas la peur du vide, c’est la peur de son propre désir de tomber, c’est la peur de sa propre faiblesse. La nuit elle a peur de sa propre faiblesse. La nuit elle rêve de petits bérets de marins, et de plats beaucoup trop salés. La nuit elle rêve qu’elle se bat au couteau, au pistolet, à l’arc. La nuit elle rêve qu’elle coupe, qu’elle tire, qu’elle tue. La nuit elle rêve qu’elle danse avec l’ennemi. La nuit ils sont bien trop nombreux, ils l’engloutissent. La nuit elle rêve qu’elle dort sur le béton des trottoirs. Quand elle ne boit pas de vin elle rêve que ses boules de croquet sont noires et carrés, que les hommes communistes portent le catogan, qu’il y a accrochée derrière la porte une paire de jambes dans leur pantalon et des fantômes qui ne veulent pas prendre la poudre d’escampette par la fenêtre. La nuit elle rêve d’un renard qui court après un enfant et d’un lévrier qui court après un renard qui court après un enfant. La nuit elle rêve que les serpents verts sont des Portoloin, qu’elle enfile des bottes en verre et qu’un tas de chats à poil court nagent dans l’eau du canal. Le matin elle écrit la date et ce dont elle rêve la nuit.

Les filtres des cigarettes s’amoncellent dans le cendrier Ricard tapissé de pluie. Ça fait une pâte visqueuse et noirâtre qu’on oserait même pas toucher du bout de l’ongle mais que l’on aspire à plein poumons quand on a les doigts qui tremblent et le pouls qui s’emballe. J’ai lu mon horoscope hier soir, il me disait que le coeur à l’intérieur de mon corps est un organe musculaire qui pompe du sang. Qu’il n’a qu’un seul job. Celui de pomper du sang. Que je sois amoureuse, seule ou en chagrin d’amour. Alors d’accord, il continue d’aller au turbin, et je lui en suis reconnaissante, car il ne faut pas fermer boutique trop tôt. J’ai bien compris que lorsque l’on pense que l’on va mourir, que notre coeur est cassé en deux, en vrai on va rester bien vivant. Je ne suis pas médium autant que mon pendule ne le laisse penser, même quand il tourne dans le sens des aiguilles d’une montre et qu’il a raison à deux occasions. Pourtant ça fait une drôle sensation en soi, un petit trou noir dans lequel le coeur tombe, comme un caillou poli dans une mare sans rides. Et à ce moment là j’ai du mal à croire que même si mon coeur est aspiré dans un trou noir ou qu’il se noie il va continuer de pomper du sang, pour irriguer mes orteils et mes coudes, et mes cuisses et mes lèvres. Le coeur est un outil comme le sont mes mains, même quand elles tremblent et que mes doigts pressent les mauvaises touches quatre fois de suite, le f au lieu du t, transformant l’éléphant en éléphanf. Des outils un peu casse-gueule, un peu ébréchés, rouillés, oubliés dans le cabanon au toit rose pastel du jardin. Des outils avec lesquels je fume trop de clopes, car je ne comprends pas comment le coeur continue de travailler quand c’est autant le bordel alors qu’il ferait mieux de demander le chômage et de foutre le camp d’ici.

Based on a conversation between friends involving lots of tasty wine

on Friday the 18th of September at 12.38am and some other stuff

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Two crocs and one cock

The fox is chewing the bike lock

Peachy sours and ultimate ghosting

This is now what the lads are doing

Giant broom and sad smiley faces

Glittery stickers on our glasses

Smashing cinsault by the Med

This is what the ginger boy said

It isn’t love until it passed

Where did I read that?

Fuck knows