C’était une toute petite voiture bleue il me semble, assez carré, toute en angles. Le genre de voiture qu’on achète au début de sa vie avec son premier salaire. C’était assez sympa de sa part de me raccompagner chez mes parents, certains auraient appelé ça de la galanterie, je pense que lui, ça lui paraissait juste normal. Moi, j’aurais sans doute préféré marcher, mais j’étais polie. Et en gueule de bois. Sur le siège avant où j’allais m’assoir, j’ai dû enlever un bonnet, et me retenir de brosser le tissu recouvert de miettes. J’ai calé mes pieds entre les boîtes de cd et une bouteille d’Evian vide. C’était son moment de vulnérabilité à lui, sa voiture ; j’entrais dans son intimité, sans aucun artifice. On était plus proche dans cette voiture qu’on ne l’avait été avant et qu’on ne le sera après. Mon souvenir le plus vif de ce moment est la voix de Renaud qui sort des enceintes. Et même si je n’avais rien contre le chanteur, ni les bouteilles d’eau vides, ni les petites voitures bleues, je pense que la situation ne m’a pas permise de voir plus loin que cet instant précis où j’ai pris la décision de ne jamais le revoir. Mais toujours, lorsque j’entends Renaud à la radio, je pense à cette voiture.

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